Le grignotage des terres agricoles

Un rapport de l’ONU met en avant le « cocktail explosif » que constitue la perte, chaque année, de l’ équivalent de la superficie de l’Italie en terres agricoles, du fait de la dégradation de l’environnement, de l’industrialisation et de l’urbanisation. Le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l’alimentation, Olivier De Schutter, a souligné le caractère dramatique du grignotage progressif des terres agricoles : Aujourd’hui 500 millions de petits agriculteurs souffrent de la faim, car leur droit à la terre est attaqué.

Quel est le constat ? Chaque année, jusqu’à 30 millions d’hectares de surfaces cultivées, soit l’équivalent de la superficie de l’Italie 300 000 Km², sont perdus du fait de la dégradation de l’environnement (5 à 10 millions d’hectares), l’industrialisation et l’urbanisation (19,5 millions d’hectares).

A celà s’ajoute l’acquisition de plus de 40 millions d’ hectares de terres arables par des investisseurs, souvent pour la production de biocarburants, l’ un des principaux moteurs derrière la récente vague d’acquisition de terres à grande échelle. Le rapport souligne par ailleurs l’effet pervers de certaines mesures adoptées pour atténuer le changement climatique : «  la plantation de forêts afin de bénéficier de mécanismes de développement propre a parfois conduit à des expulsions, contre lesquelles les populations locales ne sont pas suffisamment protégées ».

Quelles en sont les conséquences ?  Alors que la population rurale s’accroît et que la concurrence avec les grandes entités industrielles augmente, les parcelles cultivées par les petits exploitants diminuent  » En Inde, la taille des exploitations moyennes est passée de 2,6 hectares en 1969 à 1,4 hectares  en 2000 et continue de décliner. En Afrique orientale et australe, la superficie des terres cultivées par habitant a diminué de moitié en une génération ».

                                                                                                                                                                                                   tiré de La Croix du 26 Octobre 2010   vincent de Féligonde